Moisdon-la-Rivière
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Historique - Légende moisdonnaise

Habitants fortunés des bords fleuris du Don,
Comme tout peuple heureux vous n'avez pas d'histoire.
Mais, du moins, la légende auréole de gloire
Ce vocable discret, léger, plein d'abandon,
Qui désigne aujourd'hui votre beau territoire,
Ce simple nom, si doux à prononcer : MOISDON !
Voici, dans sa candeur, le trait que soeur Hortense,
(Dieu la garde en son Paradis !)
Souvent, à sa classe, en guise de récompense,
Aimait à raconter jadis.
C'était à l'époque lointaine
De l'âpre conquête romaine.
La Gaule avait capitulé. Vainqueur, César,
Ayant jusqu'à la mer entraîné ses cohortes,
Revenait sur ses pas, surveillant, de son char,
Un étrange charroi d'armes de toutes sortes,
Ces canons du vieux temps, lourds engins redoutés :
Balistes à ressorts, trébuchets,catapultes,
Que cent chevaux tiraient sur les chemins pavés,
A travers les forêts et les landes incultes,
Pour les conduire, enfin, en convoi triomphal
Que Rome réservait au fameux général.
Avant d'aller, nouvelle idole,
Humer l'encens du Capitole,
César, à ses soldats, devait distribuer
De la Gaule conquise et guérets et domaines
Auxquels ils avaient droit de par les lois romaines.
Ce n'était pas butin facile à partager :
La convoitise en tous les coeurs était profonde,
Parfois, César lui-même en ressentait l'effet.
" A moi ces champs de seigle ! - A moi cette forêt !
- A moi ce bel étang ! " s'exclamaient à la ronde,
Au détour d'un chemin, aux abords d'un hameau,
Tribuns, centurions, hastiaires, vélites.
Et le sort désignait le possesseur nouveau
Des vignobles fameux et des merveilleux sites.
Mais César, jusque-là dédaigné par le sort,
Maîtrisant ses désirs au prix d'un rude effort,
Taciturne et songeur, baissait sa tête altière,
Quand apparut, soudain, charmeuse, une rivière.
Dans un verdoyant décor
De prés pleins de boutons d'or,
Une rivière, calme et lente,
Mollement descendait la pente
D'une large vallée, où son cours sinueux
S'encadrait de roseaux, de peupliers, de frênes,
De saules argentés, de coudriers, de chênes,
Séjour de la fraîcheur, paisible et somptueux.
La rivière dormait entre ses deux collines,
Reflétant faiblement le bleu d'azur du ciel.
Sur le flanc des coteaux fumaient quelques chaumines
Et l'air avait l'arôme et la douceur du miel...
César, coeur dur et fier, séduit par tant de charmes,
Désira posséder ce pays enchanteur.
Alors, le bras tendu dans un geste vainqueur,
Se dressant sur son char et rejetant ses armes,
Il s'écria, la voix vibrante : "A moi le Don !"
Et l'écho répondit : "MOISDON !"
Voilà comment le Don, humble et douce rivière,
Vainquit César le conquérant !
Voilà de quelle épique et touchante manière
Moisdon reçut son nom charmant !
Aujourd'hui, Moisdonnais, votre imposant calvaire,
Elevé sur un camp romain,
Marque l'endroit presque certain
Où César proféra sa phrase légendaire.
Est-il placé là par hasard
Ce monument que la foi partout édifie ?
En cet endroit il renouvelle et sanctifie
Le geste païen de César.
Il fait planer sur la vallée,
D'où s'élève le cri : "Je crois !"
Dans une sublime envolée,
L'étendard vainqueur de la Croix !











Jules César












l'auteur au bord
du Brévent

l'auteur près du Brévent
©

(12 juin 1948) extrait de "les BORDS FLEURIS du DON"
©
Joseph Roul


Date de création : 12/04/2009 @ 10:04
Dernière modification : 13/08/2011 @ 09:28
Catégorie : Historique
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